Souvenirs, souvenirs... trois ans aprés...
le sportif est un oiseau migrateur. Aux aléas des enjeux, des tendances et des hasards de la vie il se construit un nid douillet avant de repartir et de rebondir ailleurs.
Depuis la première rédaction de cette rubrique, bon nombre de nos joueurs et joueuses ont donc tout naturellement repris leur baluchon, sur les routes du volley, et c'est donc tout naturellement que nous allons vous faire suivre leurs pérégrinations. Toujours dans le même but : garder intact le fil de la mémoire, conserver le lien affectif qui se tisse irrémédiablement lorsque l'on partage émotions et moments de vie autour d'un ballon.
Une fois n'est pas coutume, nous avions mis en avant les garçons...en remontant loin dans le temps nous évoquions les frères Ali. Implantés dans la région grenobloise tous les deux, ils ont vu leurs chemins se séparer. Jean Philippe, atteint par la limite d'âge sans doute, a rangé les genouillères et a basculé de l'autre coté du banc en se lançant comme entraineur. Sany quant à lui a joué un drôle de tour à son club hôte en quittant Saint Egrève aprés s'être remis d'une blessure pour évoluer du coté de Grenoble, un camouflet peu commun et peu apprécié par là bas.
Toujours chez les masculins, nous évoquions la trajectoire d'un ancien de Jean Jaurès, Maxime Henrion. Celui ci va retrouver le parfum de la N3 en signant à l'ASVB 76, nouveau promu à ce niveau. Souhaitons lui bon courage pour ne pas connaître une fois de plus la tristesse d'un ascenseur. Chez les masculins, la famille Hemmerlé avait été évoquée : Marc, Maxime et Robin , havrais d'adoption sont désormais vernonnais. Les fils évoluent sur les bords de Seine sous la houlette du père et portent les couleurs de l'EVVSM. Mais celui qui brille le plus actuellement est sans conteste Nicolas Besnard. Sociétaire depuis deux saisons de l'ALCM, il a lutté sur tous les fronts la saison écoulée : contre les blessures, mais surtout avec la réserve en N3 pour un maintien arraché de haute lutte et cerise sur le gateau avec l'équipe fanion avec à la clé une accession en Ligue BM et un titre de champion de France de N1. Reste à savoir s'il aura la joie de gouter à ce niveau pro, mais peu de chances de ce coté.
Aprés nos petits français, il faut bien sur évoquer le destin de l'ex-entraineur joueur Igor Arbutina - actuellement voisin de notre ex-joueuse Jovana Lozancic qui accompagne là bas son compagnon le danois C.Knudsen. Toujours quatarien d'adoption, celui ci avait quitté le poste de sélectionneur national pour prendre la direction du club d'Al Rayyan avec succés, emportant notamment la prestigieuse Emir's Cup. Forcément, la fédération quatarie n'a pu résister et lui confie de nouveau la direction de l'équipe nationale !
Igor le croate nous fait une liaison facile avec notre secteur féminin. Que deviennent elles , toutes ces fameuses joueuses qui ont porté le maillot évébiste? La filière « yougoslave » fonctionne depuis toujours à plein régime du coté d'Evreux (sans doute les conséquences du passage remarqué et remarquable dans notre ville de Dragan Milic, ex entraineur et manager de Beauvais et toujours homme de bon conseil). Aprés Irena Kraljev et Andrea Jurcic, Nevena Siljegovic était venue (trop brièvement pour raisons médicales) distribuer le jeu de l'EVB. Nena est établie dorénavant aux USA et est entraineur adjoint dans son alma-ater, l'université de Californie du Sud et ses Trojans. Petite curiosité elle a coaché ces dernières saisons l'une des meilleures joueuses universitaires du pays, une française nommée Alex Jupiter... qui est la fille de Nadia Ziani, ex-attaquante de l'EVB. La dernière joueuse en date à être issue des Balkans et à avoir quitté le club (nous ne parlerons donc pas de Cécilia Dujic et Lorena Sipic que nous auront encore le bonheur de voir évoluer sous nos couleurs cette saison) est donc Gorana Maricic. Celle ci a la particularité d'avoir jouer dans deux clubs la saison écoulée, sans grand succés d'ailleurs, dans la prestigieuse Lega italienne : après avoir débuté sous le maillot de Riso Scoti Pavia elle a terminé la saison avec Parma.
Lors de notre bilan précédent, nous revenions sur le parcours « des dindes » : la triplette Barrot-Lucas-Craquelin. Toutes trois vivent désormais aux diverses extrémités de l'hexagone, Evreux-Istres-Lanester. Mais comme d'habitude elles continuent à cultiver les points communs : dans la dernière année, elles ont toutes donné naissance à leur premier enfant ! Toujours unies les filles !
On évoquait la filière yougoslave, mais une autre filière a fait le bonheur du club : la filière ultramarine. Qu'elles soient issues de Tahiti, Wallis ou Nouvelle Calédonie, nombreuses furent les îliennes à porter le maillot bleu. Cyrillia Atréa, aprés un passage par Niort portait le maillot de Nimes en N2 la saison passée. Sonia Hoija aprés avoir donné naissance et être revenue sur ses terres pour travailler retrouvera elle l'hexagone à Vitrolles en N3. Leyla Tuifua aprés son passage victorieux à Evreux a d'abord évolué sous le maillot de Istres mais entamera sa deuxième saison sous les couleurs d'Aix-Venelles. A noter que Leyla est la deuxième passeuse de l'équipe de France qui tentera cet été de se qualifier pour les championnats d'Europe. Internationale donc, tout comme la plus ébroïcienne des polynésiennes, Téré. Elle manquera ce tournoi international à cause d'une blessure à l'épaule... et tout comme elle manquera aux amoureux de l'EVB puisqu'elle a choisi de poursuivre sa carrière avec Calais.
Cette génération Hoija-Téré a évolué avec une dénommée Laurianne Delabarre. Aprés deux saisons sous les ordres de Yan Fang à Cannes – et deux titres de championnes de France, deux coupes de France et une finale européenne de Ligue des champions ainsi que ses premières sélections internationales-, Lolotte prendra la direction de Béziers pour la prochaine saison. Elle y évoluera aux cotés d'une triplette d'ex-évébistes qui ont accumulé les succés cette saison : Alexandra Rochelle, Hélène Schleck et bien sur Ludy Da Silva. Toutes les quatres formeront soyons en sur l'une des plus redoutable équipe de la future saison.
Le Brésil, autre terrain de prédilection des recruteurs de l'EVB... Aline Pereyra, vous souvenez vous? Aprés avoir bouclé son cursus universitaire aux USA, elle est retournée vers son Sao Paulo natal. Fabiana Tentardini aussi est retournée au Brésil, même si elle nous a gratifié de régulières visites. Désormais avocate, elle est associée dans une agence de joueurs, Agencia Classe A... donc sans doute amenée à rester au contact du club. Partenaire de Ludy pour la première saison d'Evreux en pro, Andrea Pereira a ensuite séjourné en Espagne, le pays de son mari, le temps de donner naissance à son premier enfant avant de repartir vivre au Brésil... puis d'être rattrapée par le démon du jeu et d'évoluer la saison dernière au Chili. Plus récemment, une brésilienne d'un autre format a marqué les esprits par sa gentillesse : Emeli Schäffer. Le public local aura le bonheur de pouvoir encore la croiser puisqu'elle portera le maillot d'Albi, de retour en Ligue AF. Parmi ses partenaires de la saison écoulée, un autre visage viendra se rappeler au bon souvenir des fans de volley : Mélinda Adelin portera en effet les couleurs d'Aix-Venelles pour la saison 2012/2013. Les autres membres de cette équipe qui a pérennisé la présence du volley féminin de haut niveau à Evreux poursuivront leur route sous d'autres cieux, à d'autres niveaux : direction Belgique pour Elena Neve qui a signé chez le champion national Asterix Kieldrecht; l'autre passeuse Gaelle Mollinger rejoint sa soeur Julie, repartie d'Evreux vers là d'où elle venait à savoir Vandoeuvre-Nancy, et évoluera en DEF; DEF également pour Donata Huebert la libéro allemande qui rejoint Saint Raphael; DEF toujours pour Tracy Valérin qui va rejoindre son entraineur formateur Marie Tari à Mougins, le nouveau promu. La DEF, un championnat qui verra pas mal d'ex-évébistes se rencontrer... mais pas Stéphanie Traoré ! Bien revenue d'une vilaine rupture du tendon d'achille, la centrale a permis à Saint Chamond de se maintenir à ce niveau deux saisons consécutives, mais arrête (temporairement?) le volleyball pour raisons professionnelles... rejoignant ainsi sa voisine lyonnaise Rina Toniutti qui a rangé les genouillères pour se concentrer sur couches et biberons. Toujours au centre, on peut noter la belle saison d'Elise Villet qui a repris le volley pour participer la saison passée à l'accession en N2 de l'Asptt Caen. Elle y croisa une autre ex-ébroïcienne, Julia Egouy, qui a terminé 4è avec le STAR (ex-Mt St Aignan). Non, pour croiser d'autres ex-normandes il faudra monter bien plus au Nord. Du coté de Marcq en Bareuil on retrouvera Emira Sijaric. D'abord libéro du Hainaut avec une montée en Ligue AF à la clé, Emira -salariée du club de Tourcoing LM en charge de la communication – évoluait cette saison aux cotés d'une éphémère passeuse de l'EVB (Yulia Kovtun) qui n'est d'ailleurs pas conservée. Elle sera rejointe la saison prochaine par Alexandra Siedlecki : partie se faire les dents du côté de Vandoeuvre-Nancy l'an passé, elle tentera de rebondir dans la capitale du Nord... peut être aux cotés de la passeuse Eléonore Cordier qui retourne dans son club d'origine et tentera de gagner une place dans le groupe d'élite, et à défaut jouera en N2. Elles croiseront également le fer avec Armelle Irabé qui, aprés un passage éclair et tumultueux dans notre ville, était retournée au Stade Français Paris puis était redescendue d'un étage pour jouer à Vannes.
Autre passage bref, mais beau rebond par contre sur cette même période. Souvenez-vous de Keylla Fabrino Ramos, partie de l'EVB à la trêve hivernale 2010, elle avait ensuite sombré avec le Stade Français, mais a par contre excellement rebondi avec Calais cette saison, quatrième place de LAF à la clé. Des passages plus marquants, il y en eu bien sur. Comment ne pas évoquer ici trois grandes dames qui ont marqué le club ? Kaca Pichova (dont nous avons croisé avec plaisir l'ancienne partenaire Cornelia Rimser, en septembre lors d'une rencontre amicale avec son club de SVS Schwechat multiple champion d'Autriche) d'abord : de retour chez elle à Ceske Budejovice elle a replongé depuis deux ans et a rechaussé les genouillères en deuxième division tchéque, pour le plaisir. Sa compatriote Katka Njezchlebova suivra t'elle le même chemin? En tous cas, elle a pris la route pour la dernière fois, un aller simple pour Brno. Après avoir rendu de multiples services au club, elle démarre sa nouvelle vie, la vie d'après le sport professionnel. Plusieurs possibilités s'ouvrent à elle, dans le commerce ou la décoration... mais elle envisage de passer ses diplômes d'entraineur. Donc bonne chance et bon courage et surtout un grand merci « Maman » !
La route et ses aléas... certaines ont encore leur baluchon sur l'épaule, sans endroit pour le poser. Souhaitons leur de trouver un point de chute. On pense à Tassia Gonçalves, à Juliana Pallamin (peut être du côté de Genève?), Akiko Hatakeyama (toujours pas décidée à raccrocher et hantée par la passion du jeu). Mais en tous les cas, faites attention, la route a ses dangers et notre chère centrale Svetlana Dukule, passée par Istres aprés nous avoir quitté, en a fait les frais : un vilain accident routier et adieu carrière ! La grande et belle Lana est rétablie désormais et cherche à travailler outre atlantique, souhaitons lui une pleine réussite.
Voilà cette page se referme, certes sur une note pas très rose... plutôt une note bleue, bleue comme la couleur de nos maillots, bleu comme un ciel d'espoir, celui de vous revoir toutes et tous avec plaisir pour évoquer cet EVB qui nous anime et ses souvenirs communs qui nous émoeuvent. Alors n'hésitez pas, si vous voyez de la lumière, entrez ! Et si c'est trop loin, donnez de vos nouvelles via le mail du club. A très bientôt espérons le !


