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Presse Février 09

NATIONALE 1 Féminine

L'EVB roule à l'ordinaire

Début janvier, Jacques Béraud, entraîneur de l'équipe de France des juniors déclarait : « L'EVB en tête du championnat, c'est une satisfaction mais aussi une surprise ». Le responsable de l'Institut fédéral de volley développait : « Une surprise parce que la formation ébroïcienne a fait le pari de la jeunesse. Je pensais qu'il paierait dans la seconde partie de saison. Je suis satisfait parce qu'Evreux a choisi de monter un projet de club avec des jeunes joueuses françaises. Je crois que l'EVB ira loin grâce à sa stabilité technique et mentale. »

Stabilité technique et mentale ! Même un technicien reconnu pour la justesse de ces analyses peut se tromper. Seconde partie de la saison, quatre rencontres, deux défaites à l'extérieur, les volleyeuses évébistes ont clairement baissé leur niveau de jeu. Dans le Pas-de-Calais, elles avaient les moyens de s'imposer. Elles auraient pu repartir avec une victoire en trois sets puisqu'elles menaient 7-11 dans le premier, 17-18 dans le second et qu'elles ont remporté le 3e (25-27). Harnes est un adversaire tenace, mais limité physiquement, tactiquement.

Le poids des absences

Dans le Nord, la ténacité a fait la différence pour le vainqueur. Les perdantes ont, elles, perdu la trame de leur plan tactique. Mais surtout depuis un moment, elles ont perdu la variété offensive qui faisait la différence en début de saison. Alors que l'ensemble des clubs progressent, l'EVB n'avance plus. Pire, il régale l'adversité avec des points donnés : 42 à Harnes, soit pas loin de deux sets ! Impossible ainsi de remporter une rencontre de N1F. Les blessures sont passées par là, notamment celles des deux centrales, Elise Villet et Tihéni Ena. Cyrillia Atréa a été absente deux longs mois alors qu'elle commençait à trouver son équilibre à la passe. Elle revient doucement, tout doucement. Elle n'a plus le même impact au contre. La Néo-Calédonienne est encore en recherche de sensations. Juste avant sa blessure, elle obligeait Leyla Tuifua à conserver un niveau constant. Longtemps sans concurrence, la Wallisienne connaît désormais des baisses de rythme inexpliquées, et Cyrillia Atréa ne peut actuellement corriger le tir.

L'énigme Da Silva

Leyla Tuifua était et reste attirée par le jeu flamboyant de sa capitaine. Sauf que Ludmila Da Silva a mystérieusement perdu son volley. Une énigme d'ailleurs. Match de Coupe de France à Nantes, le 4 janvier, la Brésilienne virevolte et fait du petit bois avec toutes les défenses qui lui sont proposées. Une semaine plus tard, elle apparaît désorientée contre Toulon, et depuis ses productions oscillent entre le tout juste moyen et le médiocre. Bien sûr, elle a marqué 24 points à Harnes, mais elle a attaqué à 53 reprises sur les 157 de la rencontre ! Le jeu de l'EVB penche. Les autres attaquantes ne reçoivent ni la même quantité, ni la même qualité de ballons. Elles se sentent certainement moins impliquées offensivement, inconsciemment cela joue sur le reste de leur engagement. Pendant ce temps, Aix-Venelles est passé devant…

A Harnes, Harnes bat Evreux VB 3-1 (25-19, 25-22, 25-27, 25-21)

NATIONALE 1 Féminine

Traoré en redemande

Samedi prochain, l'Evreux VB (2e) s'en va jouer une grosse carte à Harnes (3e). « Nous avons gaspillé notre joker contre l'IFVB, souligne l'entraîneur ébroïcien Emmanuel Fouchet. Maintenant, il s'agit de ne plus perdre. Alors que nous allons affronter trois des meilleures équipes du championnat, nous sommes amoindris par les blessures. » En effet, l'EVB se déplacera dans le Pas-de-Calais sans Elise Villet et Tihéni Ena, deux de ses trois centrales. Stéphanie Traoré honorera donc sa troisième titularisation consécutive.

Arrivée en août 2007, cette employée de banque revenait sur les lieux des exploits paternels. En effet, son père, Moussa Traoré a porté le maillot de l'ALM Evreux voici vingt-cinq ans. Curieuse destinée. La bondissante centrale a participé activement, la saison passée, à l'accession de la réserve en N2, championnat où elle bataillait, encore en décembre, pour le maintien. Bataillait au passé, puisque avec les blessures d'Elise Villet et Tihéni Ena, Emmanuel Fouchet a décidé de faire appel à ses services en équipe fanion. « C'est le jeu, admet sans amertume Gil Favresse, l'entraîneur de la réserve. Il fallait bien trouver une solution. » N3, N2, la jeune femme est encore montée d'un cran avec la N1, sans stresser. « Je suis venue à Evreux pour ça ! »

« S'habituer à la vitesse »

« Stéphanie est la seule joueuse à qui je n'ai rien à reprocher », a affirmé Fouchet lors du naufrage à Toulouse contre l'IFVB. Une semaine plus tard contre Tulle, elle s'est débrouillée tout aussi bien avec une belle implication offensive et défensive. Le technicien complète : « Les Corréziennes ont manqué de respect à Stéphanie en lui laissant le champ libre. Elle en a profité. Elle aurait dû toucher bien plus de ballons. Elle a fait deux ou trois erreurs qui nous ont coûté cher. Il est évident qu'elle manque de repères collectifs. Le groupe doit travailler dur pour trouver une certaine fluidité. »

Après la victoire contre Tulle-Naves, la souriante Traoré s'est lâchée : « J'étais nerveuse à l'entame. Mais très vite, je me suis concentrée. Je dois m'habituer à la vitesse. Le jeu va plus vite, les filles sautent plus haut, les attaques sont plus puissantes qu'en N2 mais je ne me débrouille pas si mal… (rires) Je prends beaucoup de plaisir. J'ai du mal à détacher les émotions personnelles de celles collectives de la victoire. Une fois qu'on goûte ça, on n'a plus envie de s'en passer. »

Les Ebroïciennes connaîtront-elles encore le vertige de la victoire samedi soir à Harnes ? La première place en dépend…